Préjugés sur les tatouages : et si on inversait les rôles ? | TTF

Et si on inversait les rôles ? Quand les arguments anti-tatouage deviennent absurdes

1. Le Collectif Tatoueurs TTF : qui sommes-nous ?
Tatoueurs & Tatouages de France (TTF) est un collectif national qui réunit des tatoueurs professionnels passionnés, présents partout en France.
Depuis plus de 10 ans, TTF développe une communauté dédiée au monde du tatouage avec une ambition simple : valoriser le tatouage artistique, faire découvrir les artistes et informer le public.
Au fil des années, le collectif a développé une importante présence sur internet et les réseaux sociaux et rassemble aujourd'hui une large communauté autour de la culture tattoo.
TTF, c'est aujourd'hui :
Plus de 80 000 abonnés sur nos différents réseaux sociaux.
Plus de 10 000 publications consacrées au tatouage.
Plus de 60 tatoueurs professionnels membres du collectif.
Une présence nationale auprès des passionnés et des personnes intéressées par le tatouage.
Mais TTF ne souhaite pas uniquement mettre en avant les tatoueurs.
À travers son site et ses réseaux sociaux, le collectif souhaite également faire évoluer le regard porté sur le tatouage, déconstruire certains préjugés et sensibiliser aux questions liées à l'apparence, à la liberté de disposer de son corps et au respect des différences.
C'est dans cet esprit que nous vous proposons cet article.

2. Et si, pour une fois, on inversait les rôles ?
« Tu vas le regretter. »
« Pourquoi tu fais ça à ton corps ? »
« Ça fait mauvais genre. »
« Tu vas avoir du mal à trouver du travail. »
« À ton âge, tu es encore tatoué ? »
« Je ne comprends pas les gens qui se tatouent. »
Les personnes tatouées ont probablement déjà entendu l'une de ces phrases.
Certaines sont simplement maladroites.
D'autres sont prononcées avec humour.
Mais certaines peuvent être réellement blessantes et traduire de véritables préjugés sur les personnes tatouées.
Alors chez Tatoueurs & Tatouages de France, nous avons voulu tenter une expérience.
Et si on inversait les rôles ?
Prenons les remarques habituellement adressées aux personnes tatouées et appliquons-les, volontairement, aux personnes qui ne le sont pas.
Le résultat est parfois drôle.
Parfois absurde.
Et parfois, surtout, il permet de comprendre quelque chose d'essentiel :
ce n'est jamais très agréable d'être jugé sur son apparence.

« Les gens pas tatoués n'ont aucune personnalité »
Imaginez quelqu'un regarder une personne sans tatouage et lui dire :
« Tu n'as aucun tatouage ? Tu n'as vraiment aucune personnalité. »
Ou encore :
« Les gens sans tatouage sont tous pareils. »
Cela paraît ridicule.
Pourquoi ?
Parce que nous savons parfaitement qu'une personne ne peut pas être résumée à son apparence.
Une personne peut avoir énormément de personnalité sans avoir le moindre tatouage.
Et c'est exactement la même chose pour une personne tatouée.
Un tatouage ne définit pas une personnalité.
Une personne tatouée peut être discrète ou extravertie, artiste ou scientifique, salariée ou entrepreneuse, parent, étudiant, sportif ou retraité.
Le tatouage fait partie de son apparence.
Il ne résume pas qui elle est.
« Les personnes sans tatouage dégradent leur corps »
Continuons l'expérience.
Pourquoi ne pas dire :
« Les personnes sans tatouage exposent leur peau au soleil toute leur vie… »
Ou :
« Elles vont avoir des rides. »
« Leur peau va vieillir. »
Dit comme ça, cela semble évidemment absurde.
Et pourtant, nous pouvons constater à quel point il est courant de commenter l'apparence des personnes tatouées.
Leur peau devient parfois un sujet de conversation publique.
On se permet de demander :
« Pourquoi ce tatouage ? »
« Pourquoi ici ? »
« Pourquoi autant ? »
« Pourquoi cette couleur ? »
Mais finalement, une question simple devrait suffire :
Pourquoi faudrait-il justifier ce que l'on fait de son propre corps ?
Une personne tatouée n'a pas davantage à justifier sa peau qu'une personne non tatouée.
« À 80 ans, les non-tatoués seront vieux et fripés »
Voilà un autre argument que l'on pourrait retourner.
Parce que oui…
À 80 ans, tatoués ou non, nous serons probablement tous un peu ridés. 😂
La peau évolue.
Le corps change.
Les cheveux blanchissent.
Les tatouages évoluent également.
Et ce n'est pas forcément quelque chose de négatif.
Un tatouage n'est pas une photographie figée de notre jeunesse.
Il évolue avec la personne qui le porte.
Vieillir avec ses tatouages, c'est aussi vieillir avec son histoire.
Certaines personnes choisiront de faire retoucher leurs tatouages.
D'autres les laisseront évoluer naturellement.
Et certaines apprécieront justement les marques du temps.
Après tout, pourquoi faudrait-il avoir honte de vieillir ?

« Nous, on sera vieux ET stylés. » 😎
Évidemment, cette phrase est volontairement caricaturale.
Parce que si nous l'utilisions réellement pour dénigrer les personnes sans tatouage, nous tomberions exactement dans le même travers que celui que nous dénonçons.
On peut aimer le tatouage sans considérer qu'une personne non tatouée a moins de style.
C'est justement là que l'inversion devient intéressante.
Elle nous permet de comprendre que le problème n'est pas forcément ce que l'on pense, mais la manière dont on transforme notre opinion en jugement sur les autres.

« Jamais je ne serai pas tatoué »
Poussons encore un peu plus loin.
Imaginez quelqu'un dire :
« Jamais je ne serai pas tatoué. »
Puis :
« T'as déjà vu une Ferrari sans autocollant ? » 😂
C'est absurde.
Une Ferrari n'a pas besoin d'autocollants pour être une Ferrari.
Et un être humain n'a pas besoin de tatouages pour avoir du style, de la personnalité ou de la valeur.
Le tatouage est une possibilité, pas une obligation.
Certaines personnes choisissent de tatouer leur peau.
D'autres préfèrent la garder vierge.
Les deux choix sont légitimes.

« Je ne comprends pas les gens qui n'ont aucun tatouage »
Cette phrase pourrait également être inversée.
« Ils ont peur de quoi ? »

« Ils attendent quoi pour se lancer ? »
« Ils devraient essayer au moins une fois. »
On comprend rapidement que cela pourrait devenir agaçant.
Parce qu'une personne peut simplement…
ne pas en avoir envie.
Elle n'a pas forcément peur.
Elle ne manque pas de personnalité.
Elle n'est pas forcément conservatrice.
Elle ne passe pas à côté de quelque chose.
Elle fait simplement un choix différent.
Et ce choix mérite exactement le même respect que celui d'une personne tatouée.

« Un corps sans tatouage ? C'est la version d'usine. »
Voici probablement la phrase la plus provocatrice de cette réflexion :
Cette formule fonctionne parce qu'elle reprend le vocabulaire que nous utilisons lorsqu'il est question de personnalisation.
Nous personnalisons nos voitures.
Nos vêtements.
Nos maisons.
Nos téléphones.
Nos accessoires.
Et certaines personnes choisissent également de personnaliser leur peau.
Mais il faut faire attention à une chose :
Personnaliser ne signifie pas améliorer.
Une peau tatouée n'est pas « meilleure » qu'une peau sans tatouage.
Une peau sans tatouage n'est pas davantage « supérieure » parce qu'elle serait naturelle.
Ce sont simplement deux choix différents.
3. Tatouage et âge : pourquoi faudrait-il arrêter de se tatouer en vieillissant ?
« À ton âge, tu fais encore ça ? »
Cette remarque revient régulièrement.
Comme si le tatouage était réservé à la jeunesse.
Mais pourquoi ?
À 20 ans, on peut changer de coiffure.
À 30 ans, changer de style.
À 40 ans, changer de métier.
À 50 ans, découvrir une nouvelle passion.
À 60 ans, commencer une nouvelle aventure.
Alors pourquoi faudrait-il soudain considérer qu'à un certain âge, il serait trop tard pour se faire tatouer ?
Il n'existe pas de date d'expiration pour avoir envie de quelque chose.
Bien entendu, un tatouage mérite réflexion quel que soit l'âge.
Mais l'âge d'une personne ne devrait pas servir à décider à sa place de ce qu'elle peut faire de son corps.
4. Tatouage et travail : peut-on encore juger une personne sur sa peau ?
Le monde professionnel est probablement l'un des domaines où les mentalités ont le plus évolué.
Il est aujourd'hui courant de rencontrer des professionnels tatoués dans des secteurs extrêmement variés.
Pourtant, certains préjugés persistent.
Un tatouage peut encore être associé, à tort, à un manque de sérieux, de professionnalisme ou de compétence.
Mais réfléchissons à l'inverse.
Est-ce que l'absence de tatouage rend quelqu'un plus compétent ?
Évidemment non.
Et c'est exactement la même chose dans l'autre sens.
Un tatouage ne donne ni compétence ni incompétence.
Il modifie une apparence.
Pas les capacités professionnelles d'une personne.
Certaines professions peuvent évidemment avoir des contraintes particulières liées à l'image, à la sécurité ou à la représentation d'une entreprise.
Mais il faut distinguer une contrainte professionnelle réelle d'un simple jugement personnel.
5. Et si on jugeait quelqu'un sur sa peau avant même de connaître ses compétences ?
Imaginez un entretien d'embauche.
Le recruteur regarde un candidat tatoué et pense immédiatement :
« Il ne sera pas sérieux. »
Ou :
« Il ne correspond pas à l'image de l'entreprise. »
Maintenant, imaginons exactement l'inverse.
Un recruteur regarde une personne sans tatouage et pense :
« Elle est trop classique. »
« Elle manque de personnalité. »
« Elle ne correspond pas à notre image. »
Dans les deux situations, quelque chose ne va pas.
On vient de juger une personne sur son apparence avant même de s'intéresser à ses compétences.
Et c'est précisément ce que nous devons apprendre à éviter.
6. Tatouage et parentalité : l'apparence ne fait pas l'éducation
Les parents tatoués peuvent également entendre certaines remarques :
« Tu ne penses pas à l'image que tu donnes à tes enfants ? »
« Quel exemple tu leur donnes ? »
Mais l'éducation d'un enfant ne se résume évidemment pas à l'apparence physique de ses parents.
Un parent tatoué peut transmettre le respect, la tolérance, la responsabilité, l'écoute et l'ouverture d'esprit.
Les valeurs que l'on transmet ne sont pas inscrites sur la peau.
Et là encore, l'inverse est vrai.
Une personne sans tatouage n'est pas automatiquement un meilleur modèle.
Une personne tatouée ne l'est pas davantage.
Ce qui compte, ce sont les comportements et les valeurs transmises au quotidien.
7. Peut-on ne pas aimer les tatouages ?
Évidemment.
Et c'est important de le rappeler.
Défendre les personnes tatouées ne signifie absolument pas demander à tout le monde d'aimer le tatouage.
Vous pouvez trouver un tatouage magnifique.
Vous pouvez le trouver étrange.
Vous pouvez ne pas comprendre le projet.
Vous pouvez ne jamais vouloir vous faire tatouer.
Vous pouvez même trouver certains tatouages particulièrement laids.
Vous avez parfaitement le droit de ne pas aimer.
Le problème apparaît lorsque le goût personnel devient un jugement sur la personne.
Il y a une énorme différence entre :
« Je n'aime pas les tatouages. »
et :
« Les personnes tatouées sont irresponsables. »
Le premier est une opinion.
Le second est un préjugé.
Le problème commence quand « je n'aime pas » devient « tu ne devrais pas »
C'est peut-être là que se trouve toute la différence.
Nous avons tous le droit d'avoir des goûts.
Nous n'aimons pas tous les mêmes vêtements.
Les mêmes musiques.
Les mêmes voitures.
Les mêmes coiffures.
Les mêmes œuvres d'art.
Les mêmes styles de tatouage.
Et heureusement.
La diversité des goûts fait aussi la richesse de notre société.
Mais ne pas aimer quelque chose ne donne pas automatiquement le droit de mépriser ceux qui l'aiment.
8. Le tatouage ne doit pas devenir une nouvelle norme
Il serait d'ailleurs complètement contradictoire de lutter contre les préjugés envers les tatoués pour créer l'inverse :
« Si tu n'es pas tatoué, tu n'es pas cool. »
Ce n'est absolument pas le message.
Nous ne voulons pas remplacer un jugement par un autre.
Le message est beaucoup plus simple :
Vous avez le droit de ne pas aimer le tatouage.
Mais une personne tatouée a également le droit de l'aimer.
Vous pouvez préférer une peau sans tatouage.
Quelqu'un d'autre peut préférer avoir plusieurs tatouages.
Les deux choix peuvent parfaitement coexister.
9. Le véritable sujet : la liberté de disposer de son corps
Finalement, le tatouage n'est peut-être même pas le véritable sujet.
Il est simplement un exemple particulièrement visible de notre rapport à l'apparence.
Nous jugeons les corps.
Les vêtements.
Les coiffures.
Les cheveux.
Le poids.
L'âge.
Les piercings.
Les tatouages.
La façon de se présenter.
Et parfois, nous oublions une chose fondamentale :
Nous ne savons pas ce que vit la personne que nous sommes en train de juger.
Derrière un tatouage, il peut y avoir une histoire.
Un souvenir.
Une passion.
Une œuvre artistique.
Une étape de vie.
Un hommage.
Ou tout simplement…
l'envie d'avoir un joli dessin sur la peau.
Et parfois, il n'y a même pas besoin d'explication.
10. Pourquoi cette inversion fait-elle autant réfléchir ?
Parce qu'elle permet de prendre conscience d'une chose très simple.
Lorsqu'une remarque est dirigée contre nous, nous percevons immédiatement son côté blessant.
Mais lorsque cette même remarque vise un groupe auquel nous n'appartenons pas, nous pouvons parfois beaucoup plus facilement la banaliser.
C'est valable pour le tatouage comme pour énormément d'autres sujets liés à l'apparence.
Inverser les rôles permet parfois de voir autrement ce que nous considérions comme « une simple remarque ».
Et c'est précisément l'objectif de cette démarche.
Pas d'attaquer.
Pas de diviser.
Pas de créer une opposition entre tatoués et non-tatoués.
Mais simplement de faire réfléchir.
11. Tatoué ou non tatoué : même liberté
Un corps sans tatouage.
Un tatouage.
Dix tatouages.
Un corps entièrement tatoué.
Une personne qui se fera tatouer à 18 ans.
Une autre à 50 ans.
Une personne qui ne se fera jamais tatouer.
Toutes ces personnes ont quelque chose en commun :
elles devraient pouvoir décider elles-mêmes de ce qu'elles font de leur corps.
Sans pression.
Sans obligation.
Sans humiliation.
Sans jugement permanent.
12. ❤️ Le respect, ça ne devrait pas avoir de style

Alors oui…
Nous pouvons continuer à utiliser la formule :
« Un corps sans tatouage, c'est la version d'usine. »
Mais uniquement pour provoquer une réflexion.
Parce qu'en réalité, aucune version n'est meilleure qu'une autre.
La peau tatouée n'est pas supérieure.
La peau non tatouée ne l'est pas davantage.
Nous sommes simplement différents.
Et nous avons déjà suffisamment à faire avec nos propres vies pour passer notre temps à critiquer celle des autres.
Tatoué.
Pas tatoué.
Beaucoup.
Pas du tout.
Chacun est libre de choisir ce qu'il fait de sa vie et de son corps.
Et finalement…
13. 🔎 Vous cherchez un tatoueur ?
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